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Bassuru Cie (Jeu terminé) La vengeance peut être douce... Ou beaucoup moins...
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Lucile Cleophee Serveuse du FelClub

Inscrit le: 25 Fév 2008 Messages: 19
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Posté le: Dim Mar 09, 2008 6:20 pm Sujet du message: |
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Calmement, Lucile attendit que Mary ait terminé de la détailler, les yeux levés au plafond, et arborant une légère moue. A partir de cet instant, elle prenait progressivement conscience de la manière dont elle était vêtue, objectivement sexy, subjectivement comme une pétasse, et se demandait si elle réussirait vraiment à assurer son service dans de pareilles circonstances. Cette réflexion faillit lui arracher un rire nerveux. C’est vrai : comme si elle avait le choix !!
Elle accueillit l’appréciation de la directrice avec un visage fermé, pas du tout satisfait, Lucile style, quoi, et tourna ses hauts talons pour quitter la pièce sans attendre. Naturellement, aussi consciente de la sournoiserie Saraienne soit-elle, la jeune serveuse ne soupçonna PAS UN INSTANT que la patronne ait pu avoir de telles pensées la concernant. Jolie et sexy… Pourquoi pas danseuse… Voire putain, carrément ! Si elle avait su, je vous laisse deviner sa réaction. D’ailleurs, elle ne se doutait pas non plus que, justement, elle ne tarderait pas à savoir.
Bug habituel devant les escaliers, elle resta sur la première marche une bonne minute, avant de s’engager dans la descente, en prenant bien le soin de tenir correctement la rampe, histoire de ne pas se casser la gueule lamentablement. Une fois en bas, elle ignora le regard éberlué de sa collègue qui l’avait si aimablement remplacée, avec sur le visage une expression qui disait « Ouais, t’as vu ce qu’on m’a fait Y_Y », et reprit son plateau pour se perdre à nouveau entre les tables.
Bien entendu, elle ne remarqua rien, mais bon nombre de regards étaient braqués sur elle, et plus particulièrement, sur sa chute de rein que la robe à lacets dessinait parfaitement. Elle ne s’en rendit compte qu’en prenant la commande d’un client. Celui-ci avait, en effet, les yeux avidement fixés à son corps, et la hauteur dont elle disposait désormais permettait à Lucile d’avoir une vue imprenable sur ce vieux poivrot qui la reluquait sans vergogne.
Lucile ne perdit pas son sourire, elle avait cependant une lueur assassine dans les iris. Alors qu’une main approchait pour tâter une cuisse au gable définitivement mis en valeur par le cuir de la robe, la jeune serveuse se servit de son fameux « pivot sur le pied droit » pour s’esquiver – un peu moins réussi que lorsqu’elle portait des bottes plates, tout de même –, une fois la commande prise, sans voir la main perverse se refermer dans le vide, avec une faible protestation de la part de son propriétaire, dont elle crut bon de faire fi.
Et mine de rien, la petite Lucile fut légèrement troublée par cette attention, somme toute réellement nouvelle et différente de celles qu’on lui avait portées jusque-là. Elle n’en était pas satisfaite pour autant. Se faire tripoter restait quelque chose qu’elle avait en horreur, et contenter les clients d’une autre manière que de leur servir leur verre était pour elle inconcevable. Aussi, avant de repartir, elle s’appuya sur le comptoir, et plongea une main dans ses cheveux, dégageant par la même occasion son visage, le tout accompagné d’un groooos soupir, qui n’avait rien à envier à ceux de Mary.
… Ah non, hein ! On n’allait pas penser à cette folle, c’était terminé, maintenant ! _________________ « Quand on me parle d'une femme cultivée, je l'imagine avec des carottes dans les oreilles et du cerfeuil entre les doigts de pied. » |
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Mary-Sara Acklog Directrice du FelClub

Inscrit le: 17 Fév 2008 Messages: 18
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Posté le: Lun Mar 10, 2008 6:43 pm Sujet du message: |
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Il était rare que Mary-Sara se pointe dans la grande salle pour un tour de surveillance, et que cette surveillance se concentre sur une seule personne. D'ordinaire, elle essayait de traquer toute diphtongue, de suivre d'un regard acéré et surattentif les déplacements, faits et gestes de tout ce qui portait l'invisible estampille FelClub. A ce moment là, ce regard s'agrippait à Lucile comme une tique sur les flancs d'un cheval - image sublime s'il en est, mais surtout extrêmement réaliste.
Il ne lui fallut pas bien longtemps pour qu'elle soit fixée et satisfaite. Car elle n'était pas la seule à surveiller la jeune serveuse, même si les regards de la clientèle se concentrait surtout sur les courbes de Lucile, et le sien sur l'attention qu'elle pouvait bien attirer.
C'était véritablement parfait, en réalité ! Oui, la petite dinde plaisait, et c'aurait été un crime que de se borner à utiliser ce succès pour transporter des verres uniquement. A présent que Mary avait la réonse qu'elle cherchait, elle allait réfléchir à la façon de tirer profit de cette petite affaire... Rentabilité.
La chose dont elle pouvait être certaine, d'avance, c'était que la petite peste ne serait pas coopérative. Il n'y avait qu'à voir le foin qu'elle avait fait simplement pour passer d'une tenue qui ne ressemblait à rien à une ravissante petite robe ultrasexy qui épinglait les regards des gens sur sa poitrine et ses hanches comme autant de badges mal placés... Et aussi la réaction de la jeune personne en question, qui ne jouait pas du tout le jeu, et, d'esquive en esquive, ne se laissait même pas effleurer. Bon encore ça, ce n'était pas trop grave, ça pourrait même devenir un plus attractif... Mais là pour l'instant, ça montrait surtout l'incroyable mauvaise volonté de la demoiselle.
Oh, elle était convaincue que , rien que ce soir, dans cette assemblée encore peu fournie, comparativement au samedi soir, par exemple, elle pourrait trouver au moins une dizaines de types prêts à ouvrir un large portefeuille pour aller voir de plus près ce qui se passait sous la petite robe de Lucile.
Mary-Sara regarda l'heure... Mh. Elle allait remonter dans son bureau. Faisant demi-tour, elle s'arrêta néanmoins près du barman, et arrêta ses activités d'un geste sec, avant de lui die fermement, une fois qu'elle eut son entière attention.
"La petite rouquine, la Lucile. Vous lui direz de prendre une pause à la demie, c'est à dire dans 45 mn, à l'heure où les danseuses rodées passeront. Qu'elle vienne me voir dans mon bureau à cette heure-ci. Vous avez enregistré, John-Matthew ??"
John-Matthew avait enregistré et passerait le message dès que Lucile reviendrait près de son bar. Enfin, il avait intérêt, du moins.
Mary-Sara retourna dans son bureau. Elle voulait régler cette histoire d'uniforme rapidement, et se mit en quête des catalogues afin de commander, en différentes couleurs, la robe et les cuissardes que portait présentement 'la petite rouquine'.... |
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Lucile Cleophee Serveuse du FelClub

Inscrit le: 25 Fév 2008 Messages: 19
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Posté le: Mar Mar 11, 2008 9:31 pm Sujet du message: |
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D’ailleurs, la folle en question, Lucile ne l’avait pas aperçue, peut-être par simple volonté. Ben oui, elle ne s’en remettait pas, et ne souhaitait pas revivre un événement semblable de sitôt. Déjà que les regards tout à fait nouveaux qu’on lui jetait n’étaient pas du tout pour lui plaire… Même lorsqu’elle se trouvait à son comptoir chéri, les clients trouvaient le moyen de la reluquer de loin, et la jeune fille commençait à ne plus trouver de place pour elle sans que sa tranquillité ne soit dérangée. Elle voulait une clope. On dut l’entendre, car au même instant, le barman vint à elle pour lui adresser quelques mots. Lucile fut surprise, puis passablement contrariée : qu’est-ce que cette folle lui voulait, encore ? Pour la peine, elle réserverait cinq minutes sur ladite pause afin de prendre sa dose de nicotine. Eh, on fait c’qu’on peut, hein <_<
Mais en attendant, boulot. Il lui restait quarante-cinq minutes, ce qui, du coup, semblait être une éternité. Arf. Toujours avec cet éternel manque de conviction, Lucile saisit son plateau nouvellement rempli et s’en alla servir les boissons ; elle possédait des techniques différentes pour ne jamais se faire tripoter ; généralement, pour commencer, la jeune fille restait à bonne distance des clients, puis s’approchait très légèrement, avant de vite se retourner, évitant par la même occasion les quelques mains audacieuses qui s’étaient trop dangereusement avancées. Sauf que, malheureusement, certains clients n’étaient pas cons, et toute stratégie finit par se voir. Alors qu’elle resservait un des gros porcs, celui-ci se pencha sur elle sans prévenir, pour enserrer sa taille d’un bras.
« ?!?! OÔ »
Lucile n’avait rien vu venir, et habituée à éviter ce genre de choses, elle fut on ne peut plus surprise de sentir une main infâme sur elle. La réaction, à l’évidence, ne fut pas nécessairement la meilleure… Etonnée et outrée, elle lâcha le plateau qui alla se renverser sur le pantalon de l’homme. Heureusement, le bruit fut étouffé, elle put se reculer et ainsi se dégager de l’emprise, les mains sur la bouche, les yeux écarquillés. L’homme, lui, s’était levé à demi pour constater l’étendue des dégâts, tandis que ses « amis » riaient grassement. Lorsqu’il releva la tête pour gratifier Lucile de qualificatifs peu valorisants, il jura en constatant qu’elle n’était plus là.
Une porte venait de claquer. La jeune serveuse avait cru bon de sortir dehors, cigarette en main. Comme à l’accoutumée, elle prit appui contre un mur et se laissa glisser dans un soupir, pour finir accroupie.
« Mais quelle merde… »
Elle ferma les yeux un instant, et les rouvrit pour allumer sa clope, qu’elle savoura avec un plaisir inusité. Elle déchargeait dessus toutes ses précédentes émotions, qui avaient atteint une ampleur considérable. En fait, c’était simple, la jeune serveuse n’en pouvait déjà plus. Ses mains et ses jambes tremblaient, son pouls s’était sensiblement accéléré… Elle aurait aimé pouvoir rentrer à la maison. Cette pensée faillit lui faire oublier l’autre folle, qui avait demandé un second entretien. Une crainte la prit subitement. Elle serait forcément au courant de l’accident… Elle était toujours au courant de tout. Bouh é_è
A propos, il devait bientôt être l’heure, et elle ne serait même pas en retard : déjà, la cigarette terminait de se consumer.
Lentement, Lucile se releva et réajusta sa robe – qu’elle maudissait – pour pénétrer de nouveau dans l’établissement. Elle ne s’arrêta pas, n’adressa aucun regard à qui que ce soit, et monta directement dans le bureau de Mary, alors qu’elle entendait les cris presque orgasmiques que suscitaient les danseuses. Elle toqua sèchement du dos de la main, attendit qu’une voix se fasse entendre, et passa sa tête dans l’entrebâillement de la porte. Après une petite hésitation, la jeune fille entra ; son regard exprimait clairement le fond de sa pensée quant à toute cette histoire, tout comme sa voix :
« Je suis là. C’est pour quoi ? » _________________ « Quand on me parle d'une femme cultivée, je l'imagine avec des carottes dans les oreilles et du cerfeuil entre les doigts de pied. » |
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Mary-Sara Acklog Directrice du FelClub

Inscrit le: 17 Fév 2008 Messages: 18
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Posté le: Ven Mar 14, 2008 9:47 pm Sujet du message: |
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Bien sur que Mary-Sara savait toujours tout. Et dans l'instant, en plus. Non, elle n'avait pas d'antennes, ni de sixième sens, ni de don divinatoire. Elle avait juste un bon panel de caméras de surveillance, reliées à la fois à des moniteurs dans une petite pièce au sous-sol, mais aussi à son bureau personnel. Ordinairement, elle n'y attachait de l'attention que lorsqu'il y avait un souci, ce qui était plutôt rare. Mais là, dès qu'elle était remontée dans son bureau, elle avait partagé son temps entre les commandes des Nouvelles Tenues pour les Serveuses, d'autres petits tas de paperasse, ET l'observation des moniteurs. Pourquoi ? A cause de cette fille, bien entendu, cette fille pour laquelle elle avait de VASTES projets, et qui se montrait aussi horripilante que non-coopérative.
Autant dire qu'elle n'avait rien loupé de l'incident, qui lui fit croiser les bras sous la contrariété, pour éviter de défaire sa jolie coiffure en se tapant le front du plat de la main, ou de passer ses doigts dans ses cheveux, ou tout autre reflexe découlant de l'agacement que lui inspirait la vision.
Finalement, elle la vit quitter la grande salle, certainement pour monter jusqu'au bureau de Mary. Au moins, elle savait où était son intérêt, celle-là, et ne tentait pas d'esquiver les convocations. Aussitôt, Mary-Sara rabattit les rideaux devant les moniteurs afin de les dissimuler... Ce qui eut pour conséquence directe de passer sous silence le criminel détour que fit Lucile qui, au lieu de se précipiter, frétillante et servile, dans le bureau de Miss Acklog, osa retenir quelques minutes pour aller consommer sa nicotine.
Oh, celle-ci eut vaguement l'impression que cette petite dinde mettait, pour monter les marches, plus de temps qu'il n'en fallait, mais un coup d'oeil à l'heure lui apprit que non, il restait encore quelques minutes... Mh. Elle avait dû mal voir, certainement. Aussi, lorsque Lucile finalement, arriva, et se manifesta par un toquage sec, auquel Mary répondit simplement un 'ouiiii.. entrez.', elle n'avait guère de reproches à lui faire, et cela l'arrangeait, car elle pouvait alors procéder de la façon qui lui paraissait la plus adéquate.
Un sourire, l'un de ceux réservés habituellement aux clients les plus fortunés et les plus dépensiers, fut offert à la jeune serveuse alors que Mary-Sara, debout près de son bureau, indiquait à cette tête visiteuse, d'un geste gracieux, d'entrer en totalité et de refermer la pore derrière elle, faisant pour le moment fi de la question qui venait de glisser de la bouche de Lucile.
Elle se déplaca jusqu'à la jeune personne, et d'un geste affable, posa sa main dans son dos pour l'inciter à s'avancer et à poser son délicat postérieur sur un petit divan repoussé contre un mur, et prit gracieusement place auprès d'elle, avant de finalement prendre a parole d'un to charmant.
"Eh bien, vous voyez que cette robe est parfaite sur vous. Et ce n'est pas inconfortable, n'est ce pas ? C'était bien la peine de faire autant de grimaces, n'est ce pas ! Enfin, n'en parlons plus. Dites moi Lucile... Je suppose qu'une jeune femme telle que vous doit avoir des projets, des ambitions, n'est ce pas ? Vous ne comptez pas occuper un poste de serveuse encore longtemps, n'est ce pas ? Une jeune personne avenante a matière à se développer, sans compter, bien entendu, l'aspect financier..."
La Thénardier s'était transformer en Meilleure Amie Pour la Vie. D'ailleurs, elle ne lésinait pas sur les sourires complices. |
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Lucile Cleophee Serveuse du FelClub

Inscrit le: 25 Fév 2008 Messages: 19
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Posté le: Sam Mar 15, 2008 12:02 am Sujet du message: |
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Lucile referma donc la porte et s’avança au centre de la pièce, mais faillit prendre ses jambes à son cou lorsque Mary s’approcha d’elle. Inutile de préciser qu’elle n’était absolument pas sensible à son sourire, auquel elle ne chercha pas à répondre. Se contenant, elle laissa la directrice lui passer une main derrière le dos – elle l’aurait mordue – et alla s’installer sur le divan, écoutant la tirade, totalement inexpressive. Et pourtant, Dieu savait qu’elle avait de quoi réagir, et pas forcément de manière très positive. Quelles paroles dégueulasses. Non mais elle s’entendait ? Une telle attitude eut pour effet de la laisser interdite durant quelques minutes, elle dévisageait Mary sans le moindre scrupule, mais on ne pouvait vraiment deviner quelle serait sa réaction, puisqu’elle ne souriait pas, mais ne tirait pas la tronche non plus à proprement parler.
Bref, penchons-nous sur l’atrocité en question. Des projets ? Aucun pour le moment. Lucile était ici en tant que serveuse par pur désir de vengeance. Elle estimait de plus avoir encore le temps pour s’engager vers un épanouissement professionnel, et auquel cas, celui-ci ne se trouverait certainement pas dans cette boite à la noix. En clair, la Mary, elle pouvait se foutre ses « N’est-ce pas ? » dans le cul. Inspirant profondément, Lucile croisa les jambes et entrelaça ses doigts, sans quitter la directrice du regard. Encore et toujours, nulle expression ne parait son visage, et elle débuta, d’une voix atone :
« Croyez-moi, cette robe est plus inconfortable que confortable. Sachez également que vous supposez très mal, je n’ai aucun projet de quelconque élévation, et me complais dans mon rôle de serveuse. »
Et puis, miracle, un sourire de mépris vint effleurer ses lèvres. Elle avait également plissé les yeux, de manière à peine perceptible, alors qu’elle reprenait :
« Oh, bien sûr, j’aurais pu y penser. Il est vrai que l’aspect financier peut faire décider d’un bon nombre de choses, et qui sait si l’envie de me hisser à un autre poste ne m’aurait pas prise. », elle ferma les yeux, et ne les rouvrit qu’à moitié, laissant son regard brun filtrer à travers les longs cils, « Cependant, Madame, soyez consciente que vous venez de me retirer tout désir, aussi lointain soit-il, d’aspirer à autre chose que mon poste actuel. Ceci en me prenant littéralement pour une conne, juste à l’instant. »
Allez, range-moi ces sourires. Lucile était contrariée, elle détestait cette manière de faire et savait qu’elle n’y adhèrerait jamais, quitte à avoir des ennuis. Et, croyez-le ou non, mais elle regrettait presque sa patronne hyper chiante d’il y avait quelques minutes, ce qu’elle s’empressa de remarquer, en détournant le visage :
« En fait, je préfère largement votre fiel et vos regards assassins à… ces sourires de faux-cul. Vous vous croyez donc incapable de me faire rentrer dans les rangs à l’aide d’éclats de voix ? Alors, vous jouez une autre carte. C’est très réducteur, je trouve. Et totalement inefficace. »
Game over. Fallait s’y prendre autrement, avec Dark Lucette. _________________ « Quand on me parle d'une femme cultivée, je l'imagine avec des carottes dans les oreilles et du cerfeuil entre les doigts de pied. » |
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Mary-Sara Acklog Directrice du FelClub

Inscrit le: 17 Fév 2008 Messages: 18
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Posté le: Dim Mar 16, 2008 2:21 am Sujet du message: |
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Game over ? Vatfèrvoir. C'est mal connaître Mary-Sara que de croire qu'une sale petite dinde dans le genre de Lucile peut parvenir à mettre en péril les Projets de la Taulière.. Mary supportait de moins en moins cette petite peste et ses airs grandiloquents, et sans la perspective du profit que représentait la rouquine, elle lui aurait arraché les yeux depuis l'instant même où sa bouche pleine d'insolence s'était ouverte.
Et pourtant, notre chère Mary-Sara n'explosa pas. Non non, ni pendat le moment où Lucile avait commencé à chipoter, ni à l'instant où elle s'était permise un langage aussi déplacé. Non, elle était restée de marbre. Elle attendit même que Miss-je-me-prends-pour-la-reine-de-Saba ait fini son petit discours arrogant pour quitter à la fois sa posture amicale et son sourire sympathique. Ce n'est pas pour autant qu'elle cessa de faire risette, oh, non. Posément, elle placa sa main aux ongles rouges sur l'accoudoir et croisa les jambes d'un mouvement sec. Quelques instants de silence, et elle accentua ce nouveau sourire, qui, glacial, était on ne peut plus adapté à son regard acéré qui ne quittait pas la serveuse.
Lentement, elle répondit alors, d'une voix étrangement metallique, mais calme, calme, zen comme un petit ruisseau dans la campagne par un matin ensoleillé.
"Vous êtes une immonde petite garce, Lucile. Je déteste ça."
Elle avait employé exactement le même ton qu'un gros routier poilu éconduit aurait utilisé pour dire 't'as du caractère ma p'tite, j'aime ça'. Sauf que bah, Mary, elle aimait pas ça, justement. Mais rien dans son attitude ne laissait penser qu'elle allait virer la 'petite garce' de son bureau, et c'était simplement parce qu'elle n'en avait aucunement l'intention, au contraire : elle surveillait même pour parer à toute fuite. Hors de question qu'elle se laisse marcher sur les pieds par cette petite rouquine arrogante, et encore plus inimaginable qu'elle laisse passer l'opportunité de rentabiliser les cuisses de la dinde. Quitte à recourir aux marrons. (je suis déjà dehors)
Tout aussi calmement, elle tapota sur l'innocent accoudoir du bout de ses ongles pointus, et reprit.
"Mais ce n'est pas tout, vous êtes également d'une rare stupidité. Enfin, peu m'importe. J'ai des projets pour vous, et j'entends que vous vous montriez complaisante, ce que vous ferez si vous savez où est votre intérêt. De manière générale."
Une menace ? Ouais... Mais pas seulement. Mary estimait que c'était une chance qu'elle offrait à cette petite greluche aux cheveux carotte. Oh bien sur, si Lucile était coopérative, Mary ne la paierait pas énormément en supplément... Mais un petit peu, c'était déjà bon à prendre.
"Je veux que vous receviez ceux de nos clients qui le souhaitent dans les chambres privées. Bien sur, avant cela, vous allez me dire si vous avez d'autres marques du genre de votre cicatrice, ou si vous êtes vérolée, ma chère. C'est une opportunité pour vous, et si vous êtes moins idiote qu'il n'y paraît, vous saurez la saisir."
Dans le cas contraire... Il n'y aurait pas de cas contraire. Mary-Sara savait ce qu'elle voulait, et elle la materait d'une façon ou d'une autre. |
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Lucile Cleophee Serveuse du FelClub

Inscrit le: 25 Fév 2008 Messages: 19
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Posté le: Dim Mar 16, 2008 6:10 pm Sujet du message: |
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Lucile ne quitta pas son petit sourire méprisant. Elle venait d’accomplir une bonne action, selon sa notion, en recollant sur le visage de Mary les expressions qui lui étaient propres. Et elle la préférait ainsi. Se complaire dans l’hypocrisie : très peu pour elle. La remarque qui suivit ne manqua pas d’élargir son sourire. Une immonde petite garce, hein ? Merci, patronne. Et, sans pouvoir s’en empêcher, la jeune fille renchérit :
« C’est un peu le modèle de base de la maison, non ? Je pense que chacun ici tente de prendre exemple sur vous, dans la mesure du possible, bien entendu. »
Ouch. Bon, du calme. D’autant plus que Lucile eut un instant les yeux rivés sur les jolies griffes de Mary, devinant aisément ce qu’elle pouvait faire avec, bien qu’elle possédait également quelques doutes quant à l’acceptation de celle-ci à se salir de la sorte. Il fallait aussi dire que la patronne ne pesait pas ses mots. D’une rare stupidité ! On aura tout entendu ! Dans ce cas là, Mary se montrait d’un rare optimisme, elle n’était pas utopique sur les bords, par hasard ? Lucile perçut parfaitement la menace, mais ne se montra pas inquiète le moins du monde. Inutile de rêver.
« A défaut de ne pas savoir concrètement où est mon intérêt, je sais au moins qu’il ne se trouve pas dans la nouvelle place que vous me proposez. D’abord, vous m’obligez à vêtir une tenue de putain et vous voudriez ensuite que j’en endosse le rôle par-dessus le marché ? »
Ben… Oui. Et Lucile le savait pertinemment, mais ce n’était pas pour autant qu’elle suivrait le mouvement. Elle eut même l’idée d’inventer une maladie quelconque, ou de se faire une cicatrice rien que pour échapper à un pareil poste, mais cela reviendrait à un aller direct pour le licenciement. Elle comprenait bien que son corps restait une roue de secours, et Mary, à travers ses paroles, attestait clairement qu’elle souhaitait s’en servir, soit, Lucile s’en servirait aussi, mais d’une autre manière.
Se calant davantage contre le dossier du divan, elle reprit :
« Je n’ai rien que vous ne connaissiez déjà, Madame. Cela n’empêche rien au fait que je ne servirai pas en tant que pute, le contact avec les hommes, surtout de ce genre là, me répugne totalement. En plus de n’avoir aucune expérience en la matière, il serait fort dommage que vos clients sortent du FelClub avec des membres en moins. »
A ce niveau-là, Lucile n’était pas rentable. _________________ « Quand on me parle d'une femme cultivée, je l'imagine avec des carottes dans les oreilles et du cerfeuil entre les doigts de pied. » |
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Mary-Sara Acklog Directrice du FelClub

Inscrit le: 17 Fév 2008 Messages: 18
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Posté le: Dim Mar 23, 2008 1:41 pm Sujet du message: |
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Il y avait une loi qui interdisait de taper ses employés. Et là, Mary-Sara le regrettait amèrement. Elle trouvait de plus en plus nettement que Lucile avait une tête à claque dans le sens brut du terme, et elle aurait volontiers cédé à la tentation de mettre cet état de fait en application concrète. Oh, Mary-Sara se doutait que la petite dinde n'accepterait pas si facilement sa formidable 'promotion'. Elles chipotaient souvent.avant de se rendre compte que c'était en somme de l'argent facilement gagné et sans grand effort. Du point de vue de Mary, hein.
Mais ce fut surtout le deuxième argumentaire de Lucile qui agaça - et prodigieusement - l'incontestée impératrice des lieux. Elle écouta jusqu'à la fin avec force regards vers le ciel et soupirs exaspérés. Les hommes, ça la répugne, la pauvre petite. D'un certain côté, Mary pouvait bien comprendre que la faune qui fréquentait le FelClub n'était pas toujours exactement l'idée qu'on peut se faire du prince charmant, mais...
"Quelle excuse minable !"
s'exclama Mary.
"Parce que vous allez bientôt me dire que si vous êtes serveuse, c'est parce que vous adoooooorez les verres et que votre passion est de prendre les commandes ? On fait un boulot parce qu'il rapporte, non parce qu'il nous plaît ! Mais dans quel monde est ce que vous vivez ?? Il serait temps de revenir sur Terre, ma petite !"
Mary-Sara se leva et arpenta le bureau à pas nerveux, mécontente, jetant des regards assassins à son employée récalcitrante, avant de faire halte devant la fenêtre, et de tourner le dos à la rue pour darder à nouveau son regard bleu iceberg dans celui de la petite dinde.
"Vous n'aimez pas les hommes, quelle fichue importance ?! Je ne vous demande pas d'aimer cela ! Vous vous déshabillez, vous écartez les jambes et vous attendez que ça passe en simulant un peu ! Vous pouvez bien être lesbienne, frigide ou femme-tronc que ça revient au même."
Oui bon, elle devenait un peu grossière, là, la Mary, mais après tout, c'était le principe pur et simple, le concept au pied de la lettre, c'était bel et bien cela qu'on attendait de Lucile. Et si elle n'avait pas d'expérience, c'était tant mieux, on pourrait toujours la proposer comme lolita, du genre '18 ans et 1 jour', Petite Innocente Pure. Ça, ça s'arrachait. Les gens étaient d'un pervers... Enfin, tant que ça rapporte.
Mary ne disait plus rien, elle essayait d'imaginer Lucile avec une petite jupe plissée et deux petites couettes. Peut-être une sucette, aussi... et des chaussettes blanches. Que de clichés !! Mais c'était ça qui vendait. |
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Lucile Cleophee Serveuse du FelClub

Inscrit le: 25 Fév 2008 Messages: 19
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Posté le: Dim Mar 23, 2008 7:44 pm Sujet du message: |
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Gna gna gna, cette vieille ne comprenait strictement rien >< Elle avait choisi son travail dans la mesure de ce qu’elle pouvait supporter, même s’il restait derrière quelques raisons personnelles, mais jamais par plaisir de quoi que ce soit, RAAAAAH, petite conne ! Cri du cœur de la pauvre Lucile qui essayait tant bien que mal de garder son calme. Et puis, elle n’avait pas vraiment de problèmes d’argent… Bon, c’était pas la joie, mais quand même, rien qui pourrait la pousser à s’improviser vulgaire pute. Et de ce qu’en disait Mary, si c’était « ça », la Terre, elle préférait ne pas y redescendre ; il était évident qu’en effet, ces deux là ne vivaient pas dans le même monde, et Lucile n’avait aucunement l’envie de rejoindre celui de la directrice.
Elle l’observa qui s’agitait, incrédule, pas vraiment intimidée, mais perdant progressivement espoir quant à son avenir au FelClub. Sa description de la « chose » parvint tout de même à lui arracher un rictus écœuré. Avait-elle déjà fait ça ? Ca ne l’étonnait qu’à peine de sa part.
« Vous êtes complètement folle, et me dégoûtez autant que tous ces hommes. »
Lucile n’était plus impassible, son visage reflétait parfaitement son état d’esprit actuel, outrée d’avoir une patronne pareille. Cependant, il y avait autre chose. De la fatigue, peut-être. Elle avait beau se démener comme une lionne, Mary savait y répondre et ne capitulait jamais malgré le fait qu’elle soit dans tous ses états, en clair, elle finissait toujours par l’avoir à l’usure… Ici se voyait sans doute la différence d’âge. Alors, dans un soupir qui traduisait d’une saturation évidente, Lucile baissa la tête, ses épaules s’affaissèrent et elle lâcha d’une voix morne :
« … Faites ce que vous voulez. »
Puisque la directrice acceptait d’encourir le risque de sacrifier certains de ses clients, très bien. Quant à savoir si Lucile avait dit son dernier mot et qu’elle se laisserait docilement faire… Pas sûr. Elle se déshabillerait et attendrait que ça passe, soit, mais pour le reste… Eh bien, ça restait à voir.
Sans relever les yeux, la jeune fille attendit patiemment que Mary lui donne quelques instructions, car il devait bien y en avoir, et pensa elle-même à ce qu’allait être son travail dans les jours à venir… dans les mois, dans les années ? Horreur. Elle voyait d’ici son quota de nicotine augmenter, puisqu’elle n’avait rien d’autre pour décompresser. Au pire – au mieux – elle se ferait virer pour incompétence, et on n’en parlerait plus. Après tout, qu’importe la souillure ? Elle retournerait chez ses parents, reprendrait ses études, et aurait une vie tout à fait normale, pas celle d’une putain ou d’une gogo danseuse. _________________ « Quand on me parle d'une femme cultivée, je l'imagine avec des carottes dans les oreilles et du cerfeuil entre les doigts de pied. » |
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Mary-Sara Acklog Directrice du FelClub

Inscrit le: 17 Fév 2008 Messages: 18
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Posté le: Lun Mar 31, 2008 2:58 pm Sujet du message: |
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Vieille ??? Vieille !!! Mais mais... Elle méritait des claques, cette petite garce ! Heureusement que Mary n'était pas en mesure de lire ses pensées, sa réaction n'eut plus rien caché de l'agacement que lui inspirait Lucile, et il aurait été largement agrémenté de toute l'expression de son aversion distinguée, pour le coup. Mais la nature contemporaine/réaliste du forum nous évitera de tels égarements.
Tout allait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes, car nul ne sera surpris de savoir que les affirmations de Luce passaient haut, très haut au dessus de la tête de Mary-Sara. Elle se fichait pas mal des considérations de Lucile concernant son état mental, ou l'affection qu'elle pouvait ou non lui porter.
La seule chose qui l'interessait, c'était que la petite dinde avait fini par céder et avait déposé les armes. Finalement, elle n'était pas si idiote que ça, elle avait fini par se rendre compte qu'à rien ne servait de se dresser cntre les volontés de Mary-Sara Acklog, PUISQUE celle-i ne prenait que les bonnes décisions. La petite Lucile serait une nouvelle et non négligeable source de revenus pour le FelClub, et le chiffre d'affaires s'arrondirait d'aise.
Lucile à présent ne disait plus rien, et le silence baignait la pièce, car Mary était en train de lisser sa coiffure, et de savourer son triomphe, posant un regard satisfait sur la jeune serveuse. Finalement, après quelques secondes de ce petit jeu-là, elle croisa les bras et tapota son bras de ses ongles écarlates, reprenant d'une voix doucereuse.
"Bien ! C'est parfait, alors. Vous prendrez ces fonctions dès demain, le temps que je m'organise."
Héhéhéhé. Pas de consignes particulières, non...Ah ! Si. Son regard se fit un peu plus aigu, et sa voix légèrement menacante lorssqu'elle ajouta.
"Je vous déconseille fortement de faire l'idiote. Je sais TOUT ce qui se passe ici. Absolument tout."
Et ce n'était pas loin de la vérité... Elle passa derrière son bureau, et s'y assit, sans quitter Lucile des yeux.
"Allez reprendre votre service. Vous viendrez me voir demain dès votre arrivée, et vous êtes priée de porter des sous-vêtements plus adaptés. Si vous avez des questions, c'est le moment de les poser, ma petite."
Et Mary attendait, tapotant , toujours de la pointe de ses ongles taillés en pointe, cette fois sur la surface du bureau, que Lucile s'en aille reprendre son service, ou qu'elle cherche à l'interroger sur tel ou tel point. |
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Lucile Cleophee Serveuse du FelClub

Inscrit le: 25 Fév 2008 Messages: 19
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Posté le: Sam Avr 05, 2008 6:14 pm Sujet du message: |
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[Petite ellipse dans ce post, histoire de ne pas ouvrir un nouveau sujet pour deux ou trois messages ^^]
C’est ça, les bonnes décisions. Pas sûr que Mary reste sur cette idée, hein, parce qu’elle avait beau menacer Lucile afin de prévenir une mauvaise conduite, c’était au tour de la jeune fille de tout laisser passer au-dessus d’elle. Elle n’avait pas relevé les yeux, fulminant intérieurement et s’imaginant déjà assez bien le visage teinté de gloire de la directrice, sans même devoir le détailler une seconde. Eh bien oui, elle était arrivée à ses fins, bravo, vous avez gagné un œuf en chocolat et une nouvelle putain à l’avenir incertain. Lucile ne réprima pas son soupir, et se leva lourdement, sans un regard pour Mary.
« … A demain, donc. »
Non, aucune question. Elle ne savait pas grand-chose concernant le travail qu’elle allait devoir faire, mais préférait largement se planter, ça apprendrait à cette vieille « sorcière pourrite ». Par contre, elle allait en effet devoir faire un effort pour les sous-vêtements. Humf. C’était bien la seule chose qu’elle acceptait d’accomplir correctement dans l’histoire, grand bien lui fasse, elle ne serait peut-être pas entièrement dénuée d’intérêt.
Sans attendre davantage, Lucile se dirigea vers la porte et sortit calmement de l’Enfer, afin de rejoindre son service. Elle avait le regard terni, égarée ailleurs à repasser en revue tous les événements de la journée. Au hasard, elle aurait pu se pincer, histoire de constater la réalité des choses, mais elle savait pertinemment que tout cela était vrai. Mollement, elle reprit son plateau et se perdit de nouveau au milieu des clients, ne s’offusquant même plus des mains allant à la rencontre de ses jambes sans vergogne aucune. Le reste de son service se passa ainsi, une Lucile pas vraiment là qui prenait les commandes, étonnamment docile. Elle rentra chez elle dans la nuit, heureuse et soulagée de retrouver provisoirement son univers. Tout d’abord, elle retira l’horreur qu’elle portait et passa… rien. La jeune fille restait en sous-vêtements pour dormir, cela ne la dérangeait pas. Mais avant de rejoindre son lit, elle alluma son ordinateur et vérifia sa boite email. Comme toujours, un message de sa mère qui la harcelait pour « REVENIR A LA MAISON >< ! », tandis qu’à côté, son père lui demandait comment ça allait. Les lèvres de Lucile s’ornèrent d’ironie, elle ne prit même pas la peine de répondre, éteignit l’appareil à l’arrache et gagna son lit, s’endormant aussitôt.
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Le lendemain, en fin d’après-midi, Lucile se préparait déjà en vue de recevoir son premier client. Inutile de préciser qu’elle avait le visage fermé et qu’elle ne se réjouissait aucunement à la perspective des moments à suivre, mais soit, puisqu’il le fallait. Elle ne repassa pas la robe en cuir, optant pour une autre robe tout aussi courte, noire, mais en polyester. Quant aux chaussures… Elle avait choisi des talons aiguilles, retenus à ses chevilles par une fine lanière de cuir. Le genre de vêtements qu’elle laissait tout au fond de son placard, naturellement. Quant aux sous-vêtements, eh bien, vus ceux-ci, on s’expliquait pourquoi elle n’avait pas porté la robe en cuir extra-moulante. Car il s’agissait en fait d’un corset noir, tout en dentelles, relié sur la partie supérieure de l’abdomen par un ruban de satin, et dont les extrémités étaient rattachées à un porte-jarretelles. Et on ne se moque pas. Ca lui trouait littéralement le slip de se fagoter ainsi, et ça se voyait aisément à son expression.
Pourtant, elle ne traina pas, et en début de soirée, la jeune fille arrivait sur son lieu de travail, sans tenir compte des regards de plus en plus abasourdis de ses collègues. Elle déposa ses affaires dans le vestiaire, et monta aussitôt dans le bureau de la vieille folle. Ok, on toque sèchement, on attend une manifestation de sa part, et on entre.
Lucile referma la porte derrière elle et croisa les bras, pas avenante pour un sou, mais les yeux restés vides fixés sur la directrice.
« On ne va pas y rester une heure. »
Traduction : magne-toi de me montrer le nécessaire avant que je te vomisse à la gueule <_> _________________ « Quand on me parle d'une femme cultivée, je l'imagine avec des carottes dans les oreilles et du cerfeuil entre les doigts de pied. » |
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Mary-Sara Acklog Directrice du FelClub

Inscrit le: 17 Fév 2008 Messages: 18
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Posté le: Dim Avr 06, 2008 5:21 pm Sujet du message: |
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Mary-Sara avait laissé filer Lucile, fort satisfaite d'elle-même. Ce n'était pas encore aujourd hui qu'elle allait se laisser marcher sur les pieds par une sale petite traînée. Mary la regarda disparaître par la porte de son bureau, et se remit à ses activités. La soirée fut calme, elle resta dans son bureau et ne réapparut pas dans la grande salle ni même dans les couloirs, se contentant de jeter de brefs regards aux moniteurs de surveillance, derrière les rideaux qu'elle avait rabattus après le départ de la serveuse.
Le lendemain serait édifiant, elle n'en doutait pas.
La nuit fut sans grand intérêt. Comme Lucile et le reste de son personnel, Mary réintégra ses pénates après la fermeture du FelClub et se coucha, jusqu'au lendemain, où elle entra dans l'établissement à 14h précises. C'était très tôt, mais elle avait teeeeellement de choses à faire ! D'abord, toutes ces commandes de vêtements, et puis la comptabilité de la soirée de la veille, soin qu'elle ne laisserai jamais à personne d'autre... D'ailleurs, elle en tirait toujours un vif plaisir.
Elle y passa l'après midi, s'interrompant vers 18h pour se rendre au café qui faisait face au FelClub, afin de se faire servir, comme chaque jour, une salade et un thé (Du thé.). C'était pour elle un rituel qui marquait la fin de l'après midi et le début de l'activité quotidienne du FelClub. De là où elle était, elle pouvait parfaitement surveiller le lent et progressif ballet des arrivées. D'abord le vigile de l'entrée, qui prenait son poste à 18h, suivi de près par l'agent de sécurité. Puis les serveurs et serveuses, entre 18h et 19h selon leur heure de service. Enfin, à 19h30, les danseuses. Mais Mary les voyait rarement arriver, car elle regagnait son bureau vers 18h30.
Ce soir là, à peine revenue dans ledit bureau, elle se remit à examiner des cv, ou plutôt, les photographies qui les accompagnaient. Elle cherchait une nouvelle serveuse, puisque Lucile accumulerait deux postes, et qu'il y avait des chances qu'elle soit plutôt demandée en chambre, il fallait une nouvelle fille pour la remplacer au service. Elle venait de jeter son dévolu sur une jolie blondinette qui ne semblait pas avoir de cicatrice visible - échaudée la Mary - lorsqu'on frappa.
Sans surprise, elle vit Lucile faire son entrée. N'était ce pas elle qui lui avait demandé de venir ici dès son arrivée ? Elle passa la jeune fille en revue d'un regard critique, et esquissa un geste l'invitant à s'avancer, alors qu'elle se levait, ignorant avec superbe l'insolence de la jeune dinde.
"Je suis ravie de voir que vous vous êtes décidée à porter une tenue un peu plus correctes que ces frusques d'ouvrière que vous nous imposiez jusque là. J'espère que ce qui est en dessous est tout aussi adapté. Retirez votre robe, que j'en juge."
Mary-Sara n'allait pas attendre que Lucile s'exécute pour reprendre, d'un ton ferme, le regard étincelant.
"Vous n'oubliez pas, j'espère, que vous avez accepté d'assurer les fonctions d'hôtesse. Je vous confie ce poste, vous êtes dès lors ambassadrice du FelClub, c'est une responsabilité. Nos clients viennent ici pour se divertir, et je veux qu'ils repartent d'ici satisfait du service - de tous les services. En tant qu'hôtesse, vous allez devoir faire preuve de réflexion et d'adaptabilité. C'était ce que vous vouliez, n'est ce pas, Miss l'intellectuelle qui a fait des études. Vous tâcherez de cerner dès le début ce que cherche votre client, et vous mettre immédiatement au diapason."
Elle fit quelques pas, tapotant ses lèvres du bout de ses doigts, semblant chercher comment paraître plus claire pour la nouvelle petite pompe à fric.
"Au début, vous ferez simple. Si c'est un homme qui vous semble direct et directif, laissez vous faire, ne cherchez pas à prendre des initiatives. Au contraire, si vous le sentez timide, prenez les rênes. Certains clients ont des demandes assez... particulières. Quoiqu'il arrive, satisfaisez les, même s'il vous demande de vous suspendre à une chaise en l'appelant Dark Vador ou s'il vous montre ses photos de classe du collège. Soyez souriante, avenante, charmante. N'oubliez pas que 80% des clients de nos hôtesses sont des hommes qui viennent oublier un peu Bobonne, ses bigoudis, ses donuts à la douzaine et sa migraine chronique."
Encore un petit détail, qu'elle ajouta en posant ses mains sur ses hanches moulées dans une robe pourpre, ce soir, avec un petit signe de tête destiné à souligner sa bonté infinie.
"Vous toucherez 30% de votre valeur pour chaque client. Des questions ?" |
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Lucile Cleophee Serveuse du FelClub

Inscrit le: 25 Fév 2008 Messages: 19
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Posté le: Jeu Avr 10, 2008 11:48 am Sujet du message: |
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Beuuuuh, elle allait réellement vomir. Mary aurait quand même pu éviter ce genre de regard, comme si ce n’était pas suffisant de devoir se trimballer avec un accoutrement pareil. Lucile ne lâchait pas la directrice des yeux pour autant, la défaite d’hier se trouvait loin à présent. Même lorsqu’on lui demanda si aimablement de retirer son léger vêtement, la jeune fille ne broncha pas. A quoi bon, cette folle l’avait déjà vue presqu’entièrement nue.
Quelque chose qui risquait de jouer en sa faveur comme en sa défaveur, Lucile était sensuelle sans le vouloir, ce qu’elle prouva de suite, tout aussi involontairement. D’un simple effleurement de paume, elle abaissa les fines bretelles de sa robe, qui glissa lentement le long de ses jambes, laissant apparaître le contraste que créait la dentelle noire sur sa peau d’albâtre. Elle laissa retomber ses bras le long de son corps, tout en écoutant les directives de Mary. Inutile de préciser qu’elle faillit se choper une aphreuse goutte sur le côté lorsque furent mentionnés Dark Vador et autres joyeusetés qui promettaient de formidables moments à venir. Oscours ? Parce que pour le coup, Lucile n’avait strictement aucune envie de se montrer « souriante, avenante, charmante », et manqua de renchérir « Ouais, vous, quoi » quand Bobonne fut évoquée. Hu hu, de quoi se remonter un peu le moral. C’est vrai, tiens, elle imaginait bien Mary avec des bigoudis dans les cheveux, quant au reste… Bon, il fallait bien l’avouer, si elle n’était qu’une vielle folle à ses yeux, elle ne se la représentait pas dans une situation peu glamour pour autant, exception faite du poste d’hôtesse.
En fait, c’était plutôt dommage. Elle aurait donné à une femme pareille des valeurs bien ancrées, qui feraient aussi office de frein efficace pour tout ce qui sortait de la morale. Mais non. Non seulement cette femme était sans scrupule, mais elle déblatérait des paroles qui péchaient totalement avec son port noble, et on passera outre la couleur criarde de ses cheveux, de ses ongles et de ses lèvres. Erk.
Mais soit, hochons la tête en guise d’approbation, et ne grimaçons pas à l’entente des « 30% ». Mary avait prévenu, elle ne toucherait pas beaucoup plus malgré les efforts immenses qu’elle aurait à accomplir. Et puis, ces faibles revenus représentaient pour elle une autre raison de faire n’importe quoi. Ou pas.
Et croyez-le ou non, mais la jeune fille avait une question à poser.
« Le choix des clients. Comment se fait-il ? »
Ben oui, elle ne savait pas, hein. Tout ce qu’elle connaissait, c’était son brave plateau et ses amis les verres. Devrait-elle attendre qu’on vienne la chercher, ou pénétrer dans une chambre déjà occupée par un client ? Excusez son ignorance. Dans tous les cas, elle priait déjà pour ne pas tomber sur quelqu’un de trop louche. Du style, se suspendre à une chaise et gratifier les clients de pseudonymes étranges, ce n’était pas du tout son trip. Pareil pour le partage de souvenirs. En fait, c’était limite si elle ne se trouvait pas dans un état d’esprit particulier, qui allait plutôt bien avec la situation, celui de « J’écarte les jambes, tu te contentes de me sauter sans autres fantaisies, et basta. » Malheureusement, elle doutait fortement que cela se passerait ainsi, mais rêver restait permis, n’est-ce pas. _________________ « Quand on me parle d'une femme cultivée, je l'imagine avec des carottes dans les oreilles et du cerfeuil entre les doigts de pied. » |
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Mary-Sara Acklog Directrice du FelClub

Inscrit le: 17 Fév 2008 Messages: 18
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Posté le: Mar Mai 27, 2008 11:27 pm Sujet du message: |
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Ouais... En gros, tout se résumait à deux mots : mauvaise volonté; Du point de vue de Mary-Sara. Elle estimait que ce qu'elle pourrait tirer de Lucile, elle ne le tirerait qu'en frolant ulcère et cheveux blancs. Cette sale petite dinde ne se prenait pas pour n'importe qui, mais Mary s'était bien promis qu'elle la materait. L'ajouter au nombre sélectif de ses hôtes(ses) était déjà une petite victoire en soi...
Aussi imbuvable que pouvait l'être cette jeune imbécile, elle avait un physique tout à fait irréprochable - mise à part bien sur cette épouvantable cicatrice sur l'épaule. Il faudrait veiller à ce que les clients ne voient pas ça. Bien sur, on ne pouvait pas compter sur Lucile... Alors il faudrait veiller là-dessus, en usant de ruses vestimentaires. Ce furent là sa conclusion lorsque finalement, la Dinde s'était décidée à cesser de jouer les prudes et avait finalement tombé la ch... la robe raduku.
Parfait, parfait, eh bien, elle pouvait aller prendre son nouveau poste, n'est ce pas ?
... Eh bien non. Car Lucile n'était pas seulement emmerdante et insolente, elle avait aussi l'art des questions inutiles. Mais soit, après tout, c'était elle-même qui l'avait invitée à en poser...
Mary se raidit néanmoins légèrement, et afficha un semblant de sourire condescendant quelque peu crispé.
"Ma chère enfant, c'est simplissime, en vérité. Vous fermez votre clapet, vous souriez, vous tâchez d'être sexy, et vous vous adaptez à la situation. Parfois les clients vous aborderont d'eux même. Parfois ils s'adresseront au barman ou au portier. Dans tous les cas, vous prévenez l'un de ces deux là afin que l'on ajoute votre prestation à son addition. Je pense que je n'ai pas à vous apprendre où se trouvent nos chambres. Et, je le redis, vous laisserez vos goûts personnels au placard."
Oui. Et que Lucile ne s'inquiète pas de la sécurité des hôtes(ses)... Chaque chambre était munie d'une caméra de surveillance bien camouflée... Petit détail qu'on ne précisait pas aux auteurs des 'prestations' en question. Des fois que ça leur provoquerait une gêne, les pauvres petits lapins... Mary est soucieuse de la qualité du service de ses employés. Faut que ce soit naturel, hein.
"Je crois que nous avons fait le tour. Je vous invite donc à prendre votre service comme à l'ordinaire, en n'oubliant pas votre nouvelle fonction. A la moindre sollicitation, vous laisserez tomber les commandes et les confierez à une autre serveuse. Que je ne vous voie pas jouer à la conne, Lucile. Je vous ai à l'oeil."
Là dessus, Mary jeta un regard aigu à la jeune fille, puis retourna s'installer à son bureau, avec un geste de la main pour congédier notre impossible rouquine, les yeux déjà rivés sur de la paperasse.
Elle semblait en avoir fini avec elle... Mais cela n'était qu'apparence. Cette petite chieuse ne lui inspirait pas confiance, et on pouvait être certain que toute la soirée, elle suivrait la petite novice à travers ses écrans de surveillance. En salle, et en chambre si Lucile décrochait un client dès ce soir - ce dont Mary ne doutait pas.
Dans la salle du FelClub, la nuit commençait réellement, et déjà les shows des danseuses réchauffaient l'ambiance de ce début de soirée. Il y avait déjà du monde, et les serveuses seraient certainement ravies de voir arriver du renfort en la personne de Lucile, bien que celle-ci ait été prévenue : ce n'était plus là sa principale fonction... |
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Lucile Cleophee Serveuse du FelClub

Inscrit le: 25 Fév 2008 Messages: 19
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Posté le: Mer Juin 11, 2008 9:46 pm Sujet du message: |
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Elle ne se prenait pas pour n’importe qui ? Elle ne se prenait pas pour une putain, surtout >< Même si c’était là ce qu’elle deviendrait bientôt, en somme, ce qu’elle était déjà. Bref. Nonchalamment, elle réenfila sa robe tout en écoutant les indications de Madâme. Simplissime ? Makwen. Quant à ses goûts personnels, elle avait cru remarquer, et inutile de préciser que c’était fait depuis longtemps. Hop, au placard. Aussi, pour tout avouer, elle était si peu au fait de ces pratiques là qu’elle ne soupçonnait absolument pas l’existence des caméras dans les chambres. Et l’intimité, alors ? <_< Oui, naïve. Plaignons donc notre pauvre Luce. Elle leva les yeux au plafond à l’entente des dernières directives, jeta un coup d’œil satisfait à sa cicatrice et hocha la tête en guise d’approbation, avant de tourner les talons et sortir de la pièce, mains jointes derrière le dos.
Elle descendit leeeeeeentement les escaliers, poussa la porte qui donnait sur l’arrière du comptoir et constata qu’en effet, son arrivée semblait en réjouir plus d’un, et pas seulement chez le personnel, mais cela, elle ne le savait pas encore. Sans attendre davantage, Lucile se saisit d’un plateau déjà prêt, où étaient disposés trois verres et reçut d’une serveuse l’information nécessaire, qui en profita pour s’affairer ailleurs. Elle commençait de façon simple, limite feignasse, mais quelque chose lui disait qu’elle ne s’en voudrait pas longtemps d’un tel manque de professionnalisme. Comme à l’accoutumée, elle se perdit entre les tables et servit les trois alcools, faussement souriante, mais peut-être pas si avenante qu’elle l’aurait dû. En réalité, si on y regardait bien, la demoiselle paraissait passablement crispée
A présent, elle appréhendait bien plus ce qui risquait d’arriver dans les prochaines heures, voire minutes, que dans le bureau de Mary. En clair, elle perdait de son insolente assurance, et tentait d’y faire abstraction en prenant les différentes commandes. Comme précisé plus haut, le nombre de personnes présentes était tout à fait considérable, ainsi, il fallait s’activer, et elle préférait largement prendre très rapidement commande plutôt que de traîner et se faire remarquer. Si elle pouvait s’épargner un tant soit peu, ce n’était naturellement pas de refus. Malheureusement, impression ou non, elle sentait de plus en plus de regards posés sur elle, et bien vite, ne sut plus vers quelle direction se tourner sans croiser une paire d’yeux inconnue. Beuuuuh. Et impossible de regarder en l’air. La belle affaire !
Retournée derrière son comptoir, elle inspira profondément, le besoin irrépressible de fumer se manifestant déjà. Elle ne voyait plus qu’une chose à faire : prier. Car elle n’y arriverait jamais, c’était certain. Elle n’était pas faite pour ces choses-là, elle ne serait pas rentable et traumatiserait tous les clients, mauvaise volonté ou non. Et si elle ne s’y prenait pas bien à dessein, cela se verrait, et elle serait sans doute licenciée. Tiens, croyez-le ou non, mais pour une fois, elle regretta sa mère chieuse et son papa je-m’en-foutiste. Avant de commettre l’irréparable, elle devrait peut-être retourner chez elle et suivre tranquillement ses études. Pourquoi prenait-elle ce risque, au juste ? Certainement par pure provocation. Plus stupide, tu meurs. Mais c’était Lucile. Et alors qu’elle prenait presque la décision de tout lâcher pour regagner le domicile familial au plus vite, ses yeux en accrochèrent d’autres… _________________ « Quand on me parle d'une femme cultivée, je l'imagine avec des carottes dans les oreilles et du cerfeuil entre les doigts de pied. » |
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